Madame avait raison : il faut écrire, écrire et encore écrire. C’est comme l’appétit : ça vient en mangeant. Alors j’écris, j’écris et j’écris, si bien que la première page est devenue une onzième, pour qu’au final je mets la dernière touche au premier chapitre.
J’ai délaissé ma mauvaise habitude de vouloir écrire LA phrase et LE paragraphe, comme s’il s’agissait d’une fin. Parfois, je rature, je raye les mots à l’écran et ça avance comme je le souhaite.
Il y a aussi ce phénomène que tous ont expérimenté, du moins ceux et celles qui se sont déjà farci un travail long, soit le retour sur un de ses textes pour se dire : qu’est-ce que j’ai voulu me bien dire ? Ah non, ça ne fonctionne pas. Le recul, le temps, ça amène à mieux voir les choses et les mots.
Pour terminer cette petite incursion sur mon blogue, je vous offre en primeur le premier paragraphe du premier chapitre.
« Je suis né avec l’hiver et tombé avec lui un soir d’automne confus. La neige s’était invitée durant la nuit et rapidement, on pouvait sentir que décembre glissait vers l’hiver. Il n’est pas rare qu’au début de ce mois, ce soit la confusion des saisons dans ce pays ; les feuilles mortes qui gisent au sol, comme celles qui ne tiennent qu’à un fil aux branches des arbres, et cette odeur si particulière, mélange de décomposition et de mort, difficilement qualifiable autrement, rappelle l’automne vécu, tandis que le blanc précoce est un aperçu des prochains mois. »
Je suis bien heureux de la forme que prend mon roman, qu’on pourra classer dans la classe des autofictions. Beaucoup de choses sont dans ma tête et il me reste à les coucher sur l’écran. C’est le plus difficile, mais jusqu’à maintenant, l’aventure me plaît beaucoup.
En ce qui a trait au sujet, le titre de cet article donne un mince indice : l’hiver est en trame de fond.
Publié par Francois | Le 18 avril 2008 à 11:41 | 0 Commentaire | ∇ Perso |
Lorsqu’on écrit, je crois que rien ne vaut une petite contrariété. J’aurais pu m’en passer, mais disons que ça attise l’inspiration.
***
Sinon hier, quelques premières. D’abord, j’ai commencé ma saison des terrasses avec un petit café au vent et au soleil.
Ensuite, j’ai vu mon premier bikini de la saison et l’été n’est même pas commencé. On vient d’entrer dans le printemps ! J’aurais pu aussi m’en passer : à 70 ans au moins, mémé aurait intérêt à en cacher. Ne serait-ce qu’avoir au moins un peu de respect pour elle-même.
Finalement, je ne déteste pas les motos et les Harley-Davidson. Par contre, le gros d’hier après-midi sur sa monture qui nous a offert une pétarade sous mon nez et mes oreilles, un véritable refoulement des derniers mois, fait déjà regretter l’hiver et son silence.
Publié par Francois | Le 15 avril 2008 à 11:22 | 0 Commentaire | ∇ Perso |
Si j’écris peu ici, c’est bien sûr en raison d’une certaine lassitude ; le 1er juin prochain, cela fera cinq ans que je blogue. D’abord là , maintenant ici. L’écriture est maintenant ailleurs, passant de Windows à mon Mac mais toujours en demeurant sur le bureau de mon ordinateur. C’est ce que j’appelle, en toute modestie, un roman en devenir.Il y avait longtemps que j’y pensais et si dans le passé il y a eu des tentatives qui ont rapidement avorté faute de m’y être consacré corps et âme, surtout pour cette dernière, je crois que cette fois-ci est la bonne. Tout est déjà écrit dans la tête et il reste le plus difficile : coucher les mots sur l’écran.Comme une centaine de pages débute avec une première et que je n’en suis rendu à la cinquième de ce qui sera quelques dizaines, si tout va bien, je crois que je ne ferai que de brefs passages ici. Tout dépendra de mon humeur.
Comme il a été triste ce vendredi dernier de voir le Manège militaire de Québec transformé en brasier ! Et comme il est heureux de constater que toute la communauté appuie sa reconstruction, le maire de Québec le premier qui milite fort pour que les gouvernements supérieurs s’engagent dans la reconstruction, le fédéral au premier rang. Beau geste de solidarité mais il est ironique et dramatique qu’il eût fallu cette catastrophe pour se rendre compte que le patrimoine, ça se protège. Peut-être se mérite-t-il ?
Reconstruction, reconstitution… Depuis le début, on ne parle que de la forme sans questionner la fonction de l’édifice. Certes, sa juridiction est fédérale, plus exactement c’est la Défense nationale qui l’occupe avec tout ce que cela comporte : privation des lieux, matériel militaire qui occupe le stationnement qui jouxte les Plaines d’Abraham, un site d’une grande valeur. Je n’ai entendu que de rares voix qui ont remis en question cette fonction et la pointe d’un questionnement dans la communauté. Il faut faire vite, dixit le maire de Québec. Mais qu’est-ce qui presse autant ?
Alors, à qui appartient le manège militaire ? Sa fonction militaire est-elle inaliénable ?
De toutes les émissions télévisées du style télé réalité, je n’en ai adopté qu’une : The Amazing Race. Une dizaine d’équipes de deux personnes sillonne quelques coins du monde et sont appelés à réaliser quelques épreuves et la dernière qui franchit le fil d’arrivée est éliminée. Un budget leur est fourni, comme les vols aériens entre les différentes destinations. Ça se passe à la télévision américaine.
L’émission appelle à une certaine débrouillardise, mais plus précisément à la stratégie pour devancer les autres équipes. Le hic réside à mon avis dans le concept un peu trop structuré : leur est dit quoi faire, où se rendre, comment s’y rendre. Mais grosso modo, j’aime bien.
S’inspirant de cette course, la chaîne TV5 propose un concept semblable : Pékin Express. Si je me fie au résumé, cette course entre Paris et Pékin comblera une lacune importante de la première : le contact humain. Avec uniquement un euro par jour, les participants devront aller voir les gens, demander gîte et couvert, si vous me permettez la formule. Tout ça risque de donner de belles leçons d’humilité, avec en prime l’essentiel de ce que représente pour moi le voyage : aller vers les autres pour mieux revenir vers soi.
Pékin Express, dès le 15 avril à TV5 Québec. Le site Web.
Publié par Francois | Le 27 mars 2008 à 11:54 | 0 Commentaire | ∇ Lieux, Nature |
Avec un décalage d’un peu plus d’une semaine, plus long que les quelques heures que Madame B. a dû astreindre son horloge biologique, qui semble-t-il, revenait de voyage, je jette les yeux sur un magnifique article qu’elle a écrit, et je m’attarde sur un large extrait qui m’interpelle sur cet hiver de complexe qu’est le nôtre. Un texte jouissif :
« […] Or on découvre que les descendants des hommes des bois et des pionniers qui ont défié l’hiver tout en aimant sa beauté indomptée se sont transformés en angoissés de la neige et du froid, impuissants qu’ils se découvrent à contrôler la nature. Quel terrifiant sentiment que celui qui habite la cohorte des control freaks de notre époque, incapables de s’incliner devant la majesté de l’hiver, du seul véritable hiver, celui qui impose sa blancheur du sud du territoire jusqu’au Grand Nord. En redoutant l’hiver qui se déploie, en le haïssant même, c’est peut-être une partie de notre identité qu’on refuse désormais. L’hiver est une puissante métaphore de notre aliénation au sens littéral du terme. Notre obsession météorologique nous a rendus étrangers à nous-mêmes. À force de considérer notre climat comme un adversaire qui n’a de cesse de nous terrasser, on se crée une incapacité à vivre notre géographie […] Le froid rigoureux et les tempêtes de neige qui désorganisent nos vies d’urbains névrosés par le temps et la vitesse sont là comme un rappel du courage et de la vaillance de ces ancêtres qui ont bâti le pays dans des conditions extrêmes […] Le fameux mois de février associé aux déprimes se poursuit désormais jusque tard au printemps. En fait, la nature nous dérange parce qu’elle fait éclater nos fragiles constructions mentales, celles grâce auxquelles nous croyons tout contrôler. » Source : Voyage à l’ère planétaire - 3
Or, on peut aisément transposer cette conception du Québec qui nous échappe. Et Madame B. le fait de fort belle façon. Cette nation est frileuse. De sa géographie, son territoire et son climat, de ce qu’elle est dans sa fibre linguistique, de ce qu’elle possède et de ce qu’elle peut faire avec les possibilités qu’on nous offre. Je pense notamment à l’éducation accessible, qui permet facilement aux décrocheurs de raccrocher, à l’enseignement gratuit (et ce, qu’importe ce que vous diront certains étudiants universitaires). Voilà le salut d’une nation en ces temps modernes et voilà ce qui devrait préoccuper l’ensemble des Québécois, au lieu de brailler contre l’hiver et la neige. Mais je suppose que ça les arrange : ça évite de parler des vraies choses, des vrais enjeux. Peut-être ne savons-nous pas en parler ?
Société gâtée, pourrie, qui juge les inconvénients comme des malheurs, pour qui l’hiver est devenu un psychodrame. C’est là notre malheur. Je crois fermement que cette haine viscérale contre l’hiver est un symptôme bien plus grand : dans l’inadaptation, la fuite de l’hiver de plusieurs pour le fantasme du Sud, se cache le déni pour ce qu’ils sont à titre de membre de cette nation.
Publié par Francois | Le 22 mars 2008 à 14:10 | 2 Commentaires | ∇ Perso |
Pendant que ma Lyonne (sic) est partie croquer la Grosse Pomme des yeux et de l’appareil photographique en cette fin de semaine de Pâques, je retrouve mon célibat et je me réveille le matin avec une panthère grise et une tigresse fatiguée dans mon lit. Une scène qui rassemble à celle-ci.
Ensuite, je remplis, car j’écoute en boucle le nouveau Bashung. Et fidèle à mon habitude qui consiste à acheter les albums des artistes que j’aime, j’ai acheté son dernier-né via iTunes Store. C’est la deuxième fois que j’utilise ce service d’une simplicité désarmante.
Pour ceux qui connaissent l’artiste, disons qu’avec cet album, on retrouve avec bonheur le Bashung du magnifique Fantaisie Militaire d’il y a environ dix ans. Et j’adore, et j’écoute et je réécoute. J’ai trouvé une petite critique ici.
Publié par Francois | Le 22 mars 2008 à 12:46 | 0 Commentaire | ∇ Nature |
Et cette semaine, l’hiver exceptionnel que nous avons connu a dû se résoudre, encore une fois, à laisser le printemps se pointer au calendrier. Mais il n’a pas dit son dernier mot !
Il y a des Everest qui sont agréables à conquérir cet hiver.

Derrière la montagne et l’arbre, il y a une maison. Et il y a un voisin !




Publié par Francois | Le 18 mars 2008 à 12:27 | 0 Commentaire | ∇ Non classé |
Alors que la France a mis en terre son der des ders de la Première guerre mondiale en Lazare Ponticelli, voilà que j’ai mis la main sur un film que je voulais revoir depuis longtemps et surtout, faire connaître à ma douce Française : L’armée des ombres, avec l’immense Lino Ventura et la grande Simone Signoret.
C’est l’autre grande guerre, la deuxième celle-là , et ses résistants français qui luttent contre la barbarie qui sont mis en scène avec, si je me souviens bien, cette grande question qui frappe à un moment du film : les traîtres, les collabos, doivent-ils subir le même sort que ceux qui tombent entre les mains de l’ennemi ? À notre tour, est-il moral de devenir bourreau pour combattre notre ennemi ?
Il y a dans ce film un devoir de mémoire que tous et toutes devraient retenir. Et comme ma douce et jolie Française ne l’a jamais vu, je serai très heureux de participer à son éducation française. Ça prenait bien un Québécois pour faire la chose.
Il y avait longtemps que les bancs de neige n’avaient pointé si haut vers le ciel. Nous avons un hiver vraiment exceptionnel, n’en déplaise aux pleureuses québécoises, tous sexes confondus. Et dans mon vocabulaire, exceptionnel signifie magnifique.
Cela fait en sorte que des montagnes ont surgi dans les quartiers, surtout grâce au ballet continu des camions et des neigeuses dans les rues qui ont sans relâche tassé, déblayé et soufflé le froid sur les terrains. Voilà qui donne des amoncellements stupéfiants qui passent peu à peu du blanc au gris, puis au noir. C’est que la saleté et la merde accumulées pendant des mois, ça ne fond malheureusement pas quand arrive le printemps.
Remarquez les panneaux de signalisation qui ont disparu sous la neige. Par exemple, celui tout de jaune vêtu qui annonce la présence d’un parc et d’enfants. Les petits salopards au volant qui roulent à tombeau ouvert dans la rue et qui ne les voient pas en plein été seront bien heureux de constater qu’ils ont disparu. Les idiots sont comme la saleté et la merde : ils ne disparaissent pas au redoux. Merde.



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